vendredi 3 juillet 2015

Défi de l'été : 80km + marathon du Mont-Blanc




Il me fallait un petit défi cette année, j’ai cherché et finalement il s’est présenté à moi involontairement : je me suis pré-inscrit d’abord sur le Marathon du Mont Blanc pour le tirage au sort, mais ne sachant pas que j’avais été tiré au sort et bein quelques jours plus tard, je me pré-inscrit au 80 km…. et là je suis pris. Et c’est en allant dans mon dossier de validation que je vois « Marathon » !!! pfiouuuu et ben puisque c’est ça, rien à foutre, ça sera les 2 ou rien… 

C’est ainsi que me voilà arrivé du côté de Chamonix ce mercredi 24 juin avec mes parents, venus de Normandie pour l’occasion et un ami Pierrot (qui m’avait aussi suivi sur le Tor des Géants). La météo s’annonce radieuse, tout semble pour le mieux. 

C’est remise de dossard le jeudi, balade dans Chamonix, le bonjour aux copains, l’ambiance monte, coooooooool !

80 km DU MONT BLANC

Réveil 2h vendredi matin, bouarffff, évidemment j’ai quasiment pas dormi… il fait assez bon, pas trop de monde quand on arrive dans Chamonix mais ça va se remplir assez vite… Je retrouve Marion, yeahhhh depuis le temps qu’on s’en parle de ce 80 km… On va se mettre dans le paquet, ohhh qui vois-je de sa tête qui dépasse de 50cm de tout le monde : Renaud qui est avec Joël, hooop, on avance les rejoindre pas très loin de la première ligne. 


Bon un vieux compte à rebours moche est lancé 1 – 2 – 3 … jusqu’à 10 et le départ est donné mode freestyle… bref, on n’est pas là pour ça… 

L’aventure aurait pu se finir au bout de ….. 12 mètres quand juste après le départ j’ai la cheville qui vrille sur les marches en plein milieu du parcours qu’on ne voyait pas dans la foule… mais nonnnnnnnnn, nonnnnn, voilà que je boite parce que ça a bien tordu quand même ! J’y crois pas !!
Bon ça va passer assez vite, mais grosse frayeur… La montée du Brévent va se faire dans un bon rythme, je suis dans les 260 premiers (sur 1100 partants), mais je suis bien (forcément, c’est le début Fred !!), Marion est un poil en contre-bas, je la vois dans les nombreux lacets qu’on fait...
Le jour se lève rapidement, et ça devient clair derrière les montagnes, le ciel est couleur bleu ciel (c’est là que cette couleur prend tout son sens…), c’est superbeeeeeeee.. On monte, il fait frais, mais avec l’effort je suis bien : short, tee shirt et manchon. J’éteins la frontale vite vers 5h du mat.

J’arrive au Brévent à 2500m d’altitude après 1500m positif et 9km en tout pile 2h, c’est magnifique là haut. Pas de temps à perdre, hopla la descente sur Altitude 2000, tout de même bien pentu, il faut essayer de s’économiser… j’arrive à Altitude 2000 (Planpraz) bien, je m’arrête à peine 1min juste pour remplir les gourdes et boire un premier bouillon et du coca.

Voici le balcon alternant faux plats montants et descendants qui débouche sur la Flégère. Je cours mode économie toujours. En repartant dans la descente juste après la Flégère, je remarque une fille sur le côté qui s’assoit difficilement, tient elle me dit quelque chose… elle parle Anglais… Mais mais, c’est Roryyyyyy, ma Rory Bosioooooooooo, mais nonnnn, qu’est ce qu’elle fou là ?? ohhhh et si elle m’attendait ? que dalle, elle est au téléphone.. Je m’arrête à quelques mètres, je suis le seul goyo à être planté là, elle est toute seule aussi au bord du chemin… j’attends qu’elle termine son coup de téléphone… 2 minutes, 4 minutes, 6 minutes, toujours au téléphone, 8 minutes…. 10 minutes !!! bon euhhh Fred, là il faut que tu te bouges, t’as un dossard sur le dos et une course à gagner… fuckkkkkkkk, je repars sans photo sans rien ! merde merde ! (et là une semaine après je regretteeeeeeee trooooop, j'aurais dû attendre... même 30 minutes... tanpich :( )

bon allez maintenant cap sur le balcon qui mène à la Tête aux Vents : me voici sur le chemin inverse de la CCC que je connais : la descente est assez technique, je gère au mieux, je suis toujours bien. J’arrive au Col des Montets après 4h20 de course, et je suis bien content de trouver une descente facile en faux plat sans cailloux ni racine où je peux courir sans trop réfléchir. Le temps est assez frais et humide, encore à l’ombre et je me dis qu’il faut en profiter parce qu’ils annoncent très chaud plus tard. 


Me voilà au ravito du Buet au 26ème kilomètre où je retrouve mes suiveurs. Je prends un peu de temps, je sais que le col qui arrive est assez hard (pour l’avoir déjà fait avec le club) !! Le départ de la montée est simple, facile, je ne le connais pas, je vais tranquille et pour tout vous dire, déjà un peu en manque de souffle, bizarre !! La pente s’accentue doucement, j’ai mon rythme de pépé qui va bien mais je me fais bien doubler.. Ca y est, il fait chaud, on est en plein soleil et ça tape déjà bien (pourtant il n’est que 10h). Au niveau des chalets Loriaz, petit point d’eau sauvage, je m’arrête et là je me verse au moins 10 gourdes d’eau fraîche de montagne sur la tête, ça fait tellement de bien !! 2-3 gars rigoles de me voir rester si longtemps à me verser de l’eau.. 

Allez ça repars mais je ne suis pas au top, je me fais toujours doubler, ça m’énerve de devoir me pousser ou m’arrêter pour laisser passer (mais c’est le jeu !!). C’est simple, plus on monte, plus la pente s’accentue… On arrive dans un mur de neige où on nous a gentillement taillé des marches… j’ai un rythme au ralenti, je vais doucement mais j’essaye de ne pas m’arrêter. C’est dur duuuuur et interminable… Qu’est-ce que je fou là ? 
Après le mur de neige, c’est pas encore fini et encore plus pentuuuuu et technique. Le parcours est tracé à la manière d’un cross avec des rubalises des 2 côtes… J’arrive très péniblement en haut, déjà en moche état… ça promet !! Pas mal de gars ne sont pas mieux et sont assis… Je me suis fait doubler par 50 gars pendant la montée ! km 34 en 7h20 et déjà 3500 positif de faits !!!
Le temps est magnifique, la vue encore mieux, mais je ne reste pas longtemps. 

La descente qui suit va se faire dans la neigeeeeee, youhouuuuuu ! Le début est assez soft, donc ça passe bien dans la neige, puis vient des murs de neige pentus : j’essaye de faire en courant sur le premier mais je me retrouve vite le cul dans la neige et donc là, le toboggan est déjà tracé. 



Hop dans la trace, on lève les jambes et bingooooooooooo c’est partiiiiiiiit, ça glisse bien, vite et on s’économise un peu. C’est comme ça sur 3-4 bons gros névés de neige… puis on retrouve le sentier « normal ». Cette partie là, je la connais aussi avec la sortie club… Et d’un coup j’entends : « Freeeeed » ! Ohhhh mais c’est Marion qui est revenue !! 
Allez on fait la fin de descente ensemble puis nous voici sur le barrage du Lac d’Emosson… Il fait bien bien chaud là, on est en plein dedans, il est 12h30. 






Mes parents et Pierrot sont toujours là, c’est cool, je m’assoie et je bois toujours mon gobelet de bouillon et du coca, mais je n’arrive pas à manger, je vraiment envie de rien, alors je ne me force pas… Marion repart avant moi. 

On repart en montée pour quelques centaines de mètres (de distance) que je fais à 2 à l’heure… puis hopla la descente. Je limite la casse dans la descente, et je rattrape vite Marion qui s’était arrêtée 2 minutes. Je la suis un peu dans la descente puis je passe devant et la laisse. La descente un assez technique aussi, comme tout depuis le début presque, pas beaucoup de repos, il y a toujours des cailloux, rochers, racines, etc… Je double quelques gens dans cette descente et je gère mon coup de moins bien. Arrivé en bas, on se retrouve avec Marion, mais pas de répit…


Direct ça repart en montant… départ rythme tranquilou pépère avec Marion, je prends quelques mètres d’avance puis elle revient vite et passe devant, mais je suis toujours limité par ma respiration et je reste à quelques mètres derrière. On arrive au ravito milieu de montée à peu près et je prends le temps de m’assoir un peu tandis que Marion repart aussitôt… Toujours avec mon bouillon et du coca et de l’eau, mais je ne peux rien manger, les forces commencent à manquer un peu… bon allez il faut repartir mon coco !! Ca continue de monter, il fait très très chaud, en plein soleil, pfiouuuu ça tape sévère… Je vois Marion bien plus haut, mais je ne la rattrape pas, au contraire, je perds de la distance, je continue de me faire doubler, j’avance de moins en moins, je suis sec de chez sec !! La fin de la montée n’est qu’un chemin de croix, surtout que ça monte un peu plus sur la fin… je vois la fin au loin mais elle est très longue à venir… 

J’en ai marreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !! 

Quand je crois arriver en haut, ben que dalle, ce n’est pas fini, il y a un petit replat mais ça continue de monter putain de merde (pardon mais à cet instant, j’en ai plein le cul !!).
J’arrive très péniblement au sommet de l’Arolette à 2300m, il est 16h20 (12h20 de course – 50 km et 4700m positif), je suis complètement mort !! bon la vue est incroyable et je fais quand même une petite vidéo 360 degrés. Mais kapout moumouth !! 


Je fais 12 mètres en descente et je m’assois dans l’herbe pour reprendre mon souffle, le moral n’est vraiment pas au top… Partit avec 20h en tête, j’étais sur les bases de 18h le premier tiers et puis là je suis repassé sur des bases de 20h… Je n’ai toujours pas envie de manger, même s’il faudrait, je suis limité au niveau respiratoire (pas possible d’inspirer à fond). BREF, je suis mal !
10 minutes de pause assis dans l’herbe face au Mont-Blanc, le temps d’allumer un peu mon téléphone et de souffler. Bon aller il faut bien repartir un jour bordel !! 

J’ai bien du mal à remettre en route, même si ça descend, c’est dur ! Je limite la casse, et je double quelques personnes, incroyable !! J’arrive au col des Posettes et là ça remonte en mode faux-plat et hoooop escargot power mode ON.. Et puis la descente reprend vers le Tour.. Heureusement que je « limite la casse » en descente. J’arrive au Tour où je retrouve mes suiveurs, je m’assois 5 minutes pour reprendre mon souffle, ce n’est pas la grande forme ! J’ai toujours le cocktail bouillon-coca-eau, mais je ne mange toujours rien… 
Allez, il faut repartir, toujours pour de la descente, oufffff ! Je recroise mes suiveurs pas longtemps après mais sans m’arrêter, et je retrouve ensuite Marion presque en bas de la descente qui marche dans les descentes. Je marche un peu avec elle et je prends de l’avance jusqu’au ravito du bas à Les Bois à 1090m. 


Petit moment de détente avec un groupe qui fait de la music.. ça redonne un peu le sourire ! Je prends encore le temps de m’assoir, il me reste encore une bonne montée et descente, je n’ai pas trop trop envie mais bon… Marion arrive peu de temps après. Je lui pique de morceaux d’ananas et là c’est la révélationnnnnnnnnnn, troooop bon, ça passe trooooop bien, j’adoreeee !! 4-5-9-10 bouts d’ananas, ça fait trop du bien !! (merci Will !). Marion repart avant moi.

Je repars avec mes parents et Pierrot en marchant sur le plat qui m’accompagnent un peu avant la montée. Allez hop hop hop, dernière montée… ça monte bien mais sans plus, donc je prends mon rythme papy, je respire en rythme et ça monte.. Je rattrape Marion qui est dans le dur aussi, je garde mon rythme mais elle n’arrive pas à suivre. J’ai déjà fait cette montée aussi, je connais un peu, c’est un peu moins pentu que tout ce qu’on a déjà fait sauf une partie technique sur la fin. Au refuge du milieu, on nous offre un thé chaud que je prends le temps de déguster, miam ! 

La partie technique est dure, je souffle.. il est 21h30 environ et je veux arriver à Montenvers avant qu’il fasse nuit.. Ahhhh enfin la belle Mer de Glace s’offre à moi, la gare est juste là, ça devient bon, pfiouuuuu c’est beauuuuuu ! Je suis à peine en état mais j’essaye de profiter de la magnifique vue… et du coucher de soleil, c’est quand même un beau spectacle… J’arrive au ravito à la gare du Montenvers où je reprends un énième bouillon, je déteste ça, mais je pense que ça me fait du bien… puis du coca et de l’eau (comment ça je l’ai déjà dit ça… ben oui comme d’habitude quoi hihi).
Marion arrive quelques minutes après moi, on se retrouve assis sur une chaise, la nuit tombe vite, et là haut un petit vent froid alors hop je mets la veste parce que je me mets à trembler de froid !! Je reprends des bouts d’ananas et c’est toujours tellement bonnnnnnnnnnnn (alors que j’en mange jamais en temps ordinaire) !! 


Hop, il est temps de repartir avec la frontale avec Marion qui me suit. On est sur le balcon qui mène tranquillement au Plan de l’aiguille en faux plats montants et en alternant montées et descentes assez technique avec les rochers, racines, dans le noir et la fatigue.. je n’avance pas très vite mais dans les moindres descentes de quelques mètres, j’essaye de relancer en courotant pour aller plus vite mais courir à 7km/h sur 12 mètres ne fait pas beaucoup plus avancer.. la misère !

Je vois au loin la lumière du refuge mais il est très très long à venir, sur la droite, derrière les Aiguilles Rouges, le ciel bleu clair du coucher de soleil, s’assombrit peu à peu, c’est bien joli et il fait bien noir maintenant, il est plus de 23h… J’arrive enfin au refuge du plan de l’aiguille, dernier ravito et dernier pointage avant la descente finale. Je m’assois encore quelques minutes mais je repars, j’en ai marre, je veux arriver ! En repartant, Marion arrive au ravito, tchek d’encouragement, il reste une descente de 1100m, et elle ne coure plus… 
Moi je coure pour passer le temps plus vite.. il faut dire que c’est assez frustrant parce que je n’ai pas plus mal aux jambes que ça, je pourrais même courir sur des petites montées mais je suis limité par la respiration depuis le premier tiers de course presque et par le manque de force sur la fin, je suis cuit ! Donc je me laisse descendre en courant, je rattrape beaucoup de gens, ohhhhh je croise dans le noir le papa de Marion qui monte la rejoindre pour l’accompagner à la descente, hola titi !! C’est long long long la descente, on voit les lumières de Chamonix en bas mais elles mettent longtemps à se rapprocher…… pfiouuuuuuuu j’en ai re-marre, re-re-re-re marre !! 

Bon c’est bon pour le moral de doubler des coureurs (tous ceux qui m’ont doublé auparavant quand je trainais dans les montées), je vais en doubler une quinzaine et pourtant on était vraiment espacés… oufffff enfin la ville est là… je retrouve des supporters en bas et me voilà sur le goudron : l’objectif est maintenant de finir en 20h48, le temps de ma CCC (101km et 6200m) en 2013, et ça fait 20h43… et il reste soi-disant 1 km de plat… Je suis au même niveau qu’un autre coureur et on a un rythme sympa (on n’est pas non plus à 15km/h je vous rassure !!!!) mais disons peut être un bon 10km/h (énormeeeeeeee). Le temps tourne, je ne vais pas être loin, mais nonnnnnnnn, je vais louper !! bon je n’insiste pas plus… à 200m de la ligne, le gars accélère et part presque en sprint… quel débile !!!!! je n’essaye même pas une seconde de suivre, ça rime à rien ! bon du coup je franchi la ligne en 20h49 et 12 secondes, c’est con parce qu’à 13 secondes près, j’étais dans mon temps de la CCC… m’en fou en même temps. 


Pfiouuuuuuuuuu quelle aventure et belle journée en montagne !! Je retrouve mes parents et Pierrot, bien content d’être ENFIN arrivé !! 

Un parcours d’une exceptionnelle beauté, mais d’une difficulté rare, très très technique et sauvage comme c’était annoncé et comme ça s’est confirmé… un vrai gros morceau où il n’y a vraiment pas beaucoup de répit : toujours des cailloux, racines, neige, pierriers, montées, descentes… avec le soleil et la chaleur ! Et pour info, à ma montre, j’ai un total de 89km à la fin….. ???
J’ai vite été limité par une respiration courte et n’ayant pas pu manger comme je voulais… je suis bien content d’avoir été au bout.. Très content aussi d’avoir fait ce petit chassé-croisé avec Marion et partagé des bouts de chemins, toujours un grand plaisir, merci Marion ! (pour l’info, elle arrivera un peu moins d’1h après moi, tout cet écart seulement dans la dernière descente… courageuse Marioune, bravo !!) 

Pour l’anecdote, je finis 401ème sur les 1100 coureurs au départ, mais seulement 700 à l’arrivée soit près de 400 abandons… 

Je ne me suis pas réservé pour le Marathon du dimanche, j’y ai souvent pensé mais ce n’est pas ce qui m’a freiné… Il est temps de rentrer, j’ai exactement 30h de repos avant le départ du marathon…
Le samedi, pas trop de séquelles, les jambes lourdes… bon les petites courbatures arrivent au fur et à mesure de la journée, je me balade dans Chamonix pépèrement… Le soir, je vous avoue que je n’avais pas du tout envie de re-préparer mon sac pour le lendemain. 

MARATHON DU MONT BLANC

Réveil 5h le dimanche, pfiouuuuuuuuu, je m’étais couché à 21h30 donc une nuit correcte. Allez on reprend le rituel de l’habillage, les jambes sont bien raides, mais ça va encore…
Il y a beaucoup plus de monde dans Chamonix, c’est la course « phare » du weekend, il fait beau, le ciel est bleu, il fait bon, il y a de l’ambiance, youhouuu, ça fait plaisir mais il faut que je me mette dedans. Je me place dans la 2ème moitié du peloton sur la ligne, pas grave, je veux partir cool pour mettre en route tranquillement… 


Le départ est assez moyen aussi, mais bon il y a plus de monde que sur le 80km donc ça bouge un peu plus, beaucoup plus de spectateurs aussi, il fait jour, enfin c’est un peu mieux !

Je suis presque encore essoufflé avant le départ.. ça promet !!

Le départ devant est hyper rapide, moi je suis placé plutôt dans la 2eme moitié du peloton des 2200 coureurs, donc cava forcément moins vite.. Les premiers mètres et hectomètres sont assez difficiles en mode robot, je promène mes grosses jambes de bois, en mode saccadé, ça doit pas ressembler à grand chose vu d'extérieur... je suis lourd, comme si j'apprenais à courir quoi.. mais bon j'arrive à courir.. la moyenne est d'environ 10 km/h sur les premiers km avant que ça fasse du up and down avec plutôt profil montant.. on est sur des larges pistes où le peloton s'étire mais nous sommes entassé comme des vraies sardines !!! 
Courir sur les tous petits petits coups de cul de quelques mètres en montant est difficile, je fais des petits pas mais c'est toujours bien saccadé.. bon allez admettons..
Sur la première pente pentue, hop je me met à marcher et là bouaaaaa la misère, la transition est hard et ça tire de partout sur les premiers mètres de marche.. et ben putain, je ne suis pas arrivé au bout...
Je limite comme je peux mais je me fais doubler régulièrement.. mais pas d'affolement !
 A un moment, on me tape sur l'épaule : Marioooooo, c'est Mario du club, avec son sourire, c'est coool on discute 2 minutes et il file devant... (je vais le redoubler plus loin mais sans le voir...)
On est en sous-bois, il fait encore assez frais, il faut en profiter..

On arrive bientôt au 10eme km, il y a toujours qqs montées mais d'à peine qqs mètres.. je suis à une moyenne d'un petit 8km/h et j'ai du mal à chauffer !!


Dans les descentes mes jambes bouts de bois tapent pas mal, c'est pas super agréable..
Allez, un bon faux plat montant jusqu’au Col des Montets où je retrouve mes suiveurs qui seront encore là sur les ravitos de la course, ça fait toujours plaisir ! Puis hop, je bascule dans les 3 km de descente assez cool où on peut dérouler jusqu’à Vallorcine. Il fait bien frais à l’ombre et la rosée dans l’herbe fait du bien, il faut profiter… 

Hop hop, les choses sérieuses vont enfin commencer !!! Alors petit ravito de Vallorcine au km 17, j’y suis en 2h05 de course, je retrouve déjà mes suiveurs, je bois de l’eau (j’ai arrêté le coca et pas de bouillon), et je mange un barre céréale. A ce point, je suis presque 1400ème

Allezzzz, lets go pour attaquer le col des Posettes… tient tient tient ça me dit quelque chose ce col… bon on l’attaque par Vallorcine et les premiers mètres sont très pentus (et je reconnais que c’est la fin de la descente de la CCC qui arrive sur Vallorcine). Le soleil est là, il fait bon, c’est coool ! Bon dès les premiers mètres, ça bouchonne puisqu’on rentre sur des singles, évidemment avec le monde sur cette course, c’est obligatoire !! Bon je dois attendre à peine 5 minutes, mais ça m’énerve quand même… Mais je le prends en me disant qu’un peu de repos ne peut pas me faire de mal ! 

Allez ça repart, on est tous cul à cul, ou plutôt la tête dans les fesses de celui devant tellement ça monte et qu’on est serré.. j’essaye de doubler un peu quand on le peut mais c’est chiiiiiiiant. Je monte assez bien et plus je monte, mieux je suis, je double toujours, en passant sur le côté, en faisant du hors-sentier mais ça passe… à mi-montée, le chemin rejoint les pistes de ski que nous empruntons donc c’est super large et là il n’y a plus de soucis pour doubler.. Je suis en permanence en train de me demander quand est-ce que je vais exploser et péter hihi, mais pour l’instant ça tient ! 

Le soleil est bien là, il fait bon, je suis bien, tiptop ! J’arrive au col des Posettes, par le bas, là où j’étais arrivé de plus haut sur le 80km…, je fais quelques mètres et là je tombe sur un gars à fond les ballons sur son camion qui chante avec sa guitare…. Trooop cool ça redonne la patate !! « ça…. ça se sent, ça se sent, ça sent que c’est toiiiiiiiiiiiiiiiii…. » Vous reconnaissez hein ??

Au ravito, hoooop je rempli juste mes gourdes d’eau sans rien prendre d’autre et je fiiiile ! Je suis d’abord surprit de devoir continuer à monter, je pensais que c’était le haut.. mais ça ne me gêne pas, je suis bien. C’est une montée assez cool, ça Je double toujours un peu. J’arrive au l’aiguille des Posettes à 2200m d’altitude après 3h41 de course et 23,5 km.

Ça bouchonne un peu sur le début de la descente qui est un peu technique… ça m’énerveeeeeeeeeeeeeeeee !! J’essaye de passer en hors-sentiers, et puis après toute la descente je ne vais faire que doubler à côté du sentier, la majorité des gens marchent en descente, c’est impressionnant… j’en double 5 par 5 avec des sections où je dois attendre GRRRRR ! Je prends beaucoup de plaisir en tout cas, ça va de mieux en mieux et à ce moment-là, je ne sens pas mon 80 km dans les jambes.. La descente est assez technique quand même, c’est pour ça que les gens n’avancent pas trop, puis la fin est plus simple avec pleins de lacets, c’est coool. Juste en face, quand on lève les yeux on a un énorme glacier, c’est magnifique !

Sur les 30 derniers mètres, je suis sur le même chemin d’où je suis arrivé du 80 km, mais aucune idée d’où j’ai pu passer lool. Il fait chaud patate, je retrouve mes suiveurs toujours là, on est au Tour, Je m’arrête près d’une fontaine pour me verser de l’eau sur la testas puis boire un peu d’eau. Pas de ravito ici, hooop je repars. C’est du faux-plat descendant, ça roule bien… et j’arrive vite et toujours bien au ravito. 28 km en 4h17 et je suis remonté 1200ème… Je ne mange toujours rien, et je ne tourne qu’à l’eau ! Je croise Julie et Jean au ravito, cool de les voir :-)

Je repars donc assez vite, et hop on repars avec une toute petite montée, puis ça redescend bien donc je déroule, les km avances, je suis biennnnn !! 

Et j’arrive vite au ravito suivant à Tré-le-champs avec une petite montée sur la fin. Petit arrêt également puisque je n’ai que l’eau à remplir… Et c’est repartiiiii mon kiki pour une petite montée. Je n’ai pas le profil en tête, alors je ne sais pas trop jusqu’à quand ça monte. Je m’arrête à hauteur d’un gars qui regarde le profil et je vois qu’on est dans une petite bosse avant de redescendre, je l’avais oublié celle là… mais je suis toujours étonnement bien, je double pas mal de gens, je donne le rythme avec mes bâtons, je ne suis pas essoufflé, c’est du plaisiiiiiiiiiiiiiir !! 

Bon il fait bien bien chaud. Allez hop la descente, pareil je double plein de gens qui me regardent bizarre quand je passe sur le côté dans les rochers et cailloux… je me demande toujours quand je vais péter… Je double à fond, pfiouuuu allez ça remonte direction la Flégère… Plein soleil sur le balcon, beaucoup de gens sont morts, assis sur les côtés à l’ombre, et moi je carbure toujours… j’adoreeeeeeeeee !! J’ai l’impression d’être de mieux en mieux, c’est le pied !
Ce qui m’étonne, c’est que je ne suis pas un poil essoufflé… alors que sur le 80 km à 2km/h j’étais à bout de souffle… J’en profite hop hop hop ! 

J’arrive tranquillement à la Flégère après un bon coup de cul pentu… Et voici 300 places de gagnées en 6 km, on est en 37ème km, je suis bien, que du fun !! Je ne mange toujours rien, que de l’eau sur la tête et dans la bouche ! 

Je repars donc assez vite pour le balcon up&down en faux-plat, je cours toujours bien sur le plat et les descentes, je suis même tenté de courir sur les faux-plats montants mais bon pour tout vous dire je commence à avoir la flemmeeeeeeeeeee !! 

Je double toujours du monde… Depuis un moment on voit l’arrivée au loin, j’y suis presque. Un dernier coup de cul puis un long faux-plats. Je relance en courant au top et hooop, tchek avec Julie et Jean sur le côté et voici la ligne…

La foule est énorme sur les quelques derniers mètres avant la ligne, ça fait bien plaisir.
Je franchis la ligne d'arrivée avec un tchek à notre speaker national Ludo en 7h11 de course pour les 42 km et 2800m positif.... très content !! 

L'arrivée en face du Mont-Blanc dans un tel cadre, ciel bleu, chaleur, foule, c'est vraiment une superbe arrivée.
Je retrouve mes parents, Pierrot et Isa, Marion aussi venue voir l'arrivée, trop cooooooooooooool. Adrienne aussi du club arrivée juste 6 minutes avant moi..

Énormément de plaisir sur quasi toute la course après un départ poussif, je n'ai fait que remonter les coureurs, c'est tellement bon et motivant (856ème au total sur les 2200 partants)
Je n'ai pas craqué, je n'ai pas eu de coup de mou, pas de problème de respiration, une course au top !! Et ben je sais ce qu'il me reste à faire : faire un 80km 2 jours avant un objectif pour que je sois bien... hihihi

Je n'ai juste pas aimé le trop de monde sur les sentiers singles et "un peu" technique où on ne pouvait doubler ou que difficilement ou pas du tout, mais c'est un détail et ça fait partie du jeu.... 





Défi enchaînement du weekend réussi. YESSSSSSSSSSSSSSSSSSSS YESSSSS YESSSSS

Ca fait un petit weekend fun avec 130 km et 9000m positif, que du bonheuuuuuuuur !

Un grand MERCI à mes suiveurs : Papa, Maman, Pierrot et Isabelle, et aussi à Marioune pour le 80 km et d'être venue me voir à l'arrivée du Marathon..
Et merci à tous ceux qui ont eu une petite pensée pour moi :-)  Vous êtes formidables !

Merci à Running Planet Genève pour tous les équipements.

Vive Chamonix et sa vallée magique !

2 commentaires:

  1. Super, assez impressionnant !!
    Arnaud
    https://verslesommet.wordpress.com/

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  2. Quel week-kend
    Impressionnant.
    Ré Mi

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