vendredi 15 mai 2015

TRANSVULCANIA, ACTE 2 : LA REVANCHE CONTRE LE SOLEIL ET LE VOLCAN



Il fallait une revanche.. après ma première participation à la Transvulcania en 2014 où je finis à l'agonie crampé de partout arrivant de nuit en 16h30, il fallait une revanche..
Je n'ai pas attendu très longtemps pour me décider et à peine rentré de 2014, je me suis ré - inscrit directas !
Cela faisait donc 1 an que je l'attendais.. 


Cette fois ci je débarque 6 jours avant pour essayer de s'acclimater à la calor calor de l'île.. C’est voyage groupé avec le club Traileman et le team Running Planet Genève, youhouuuuu 

Le départ est toujours le samedi matin à 6h, avec la navette bus qui vient nous chercher à 3h.. C’est donc avec le réveil à 1h45 qu'on se réveille avec John pour le petit dej.. ça pète la forme! Pas de stress, mais je connais le parcours, la chaleur, je sais que ça va être hard !! 



On retrouve les copains Traileman et team RPG et vamossss au Phare de Fuencaliente tout au sud de l'île.. comme l'an passé on descend du bus et il y a pas mal de vent.. mais un poil moins froid.. ouf ! Bon je mets quand même un poncho façon "capote" pour couper le vent.. on ne ressemble à rien, mais on est bien ! Bon bah il faut poiroter 1h15 debout.. on passe la puce et nous voici sur la ligne.. en 4/5 ème ligne sivouplé.. j'sais pas pourquoi mais ça sent le départ rapide...
L'ambiance monte, le compte à rebours affiché par rétroprojecteur sur la roche diminue, le speaker espagnol Depa met le feu.. c'est incroyable les espagnols quand ils parlent.. il n'y a pas 1 dixième de seconde de blanc.. pfiouuu faut s'accrocher !
10 minutes > 5 minutes > 1 minute > ouaaaa il y a 1 an tout pile on était au même endroit pour la même chose... mais là je sais ce qui m'attend !


(vidéo de ma course tout en bas de cette page...)

BONNE MONTÉE MAIS DÉPART RAPIDE

10 secondes et ça chante le compte à rebours youhouuuuu c'est partit mon kiki ! Ça tape des coudes, faut être un artiste de l'esquive/contre esquive pour ne pas finir écrabouillé au sol.. on monte sur la route, on fait le tour du phare et hop ça attaque direct dans le sable volcanique en montée sur un petit sentier large de 2m.. c'est l'anarchie et ça passe de partout à côté, ça escalade à droite à gauche dans les rochers.. je reste sagement dans le chemin avec quelques secondes de ralentissement à 3 endroits mais pas grave, on aura bien le temps de souffrir après pour ne pas faire le guignolo maintenant.. je décide de partir vite (pour moi) donc je marche d'un bon rythme.. je me retrouve à côté de Naila Jornet un bon petit moment.. je tente un "allez team Ravanel" mais pas de réponse, elle est concentrée dans sa musique et sur sa frontale ou tout simplement m'ignore et se dit « pfff encore un débile ».. bref je continue avec ma petite frontale qui n'éclaire rien du tout, croyant qu'économiser 30g me fera gagner 5h... 


J'arrive vite au premier village Los Canarios après 7km.. L'ambiance est folle, les gens sont fous, ya tellement de monde façon tour de France.. magique !! > Venga, Vamossssss, Animoooooo par dizaine, que ça fait du bien d’entendre ça !
Hop du coca et je retrouve la fameuse boisson Aquariuuuuuuuus, yihouuuuuu, j’avais oublié comme j’adore, trop happy du palais quoi ! Je rempli une gourde d’aquarius et hop je file direct ! Je reprends mon bon rythme toujours avec la plupart du chemin dans le sable.. et avec le vent, on mange des tonnes de poussière et ça croustille sous la dent, hummm

La chemin est assez agréable sous-bois, et le soleil qui commence à percer entre les arbres… magnifique !! On arrive dans ma partie préférée je crois, on sort de la forêt progressivement et on se retrouve sur le volcan en mode « comme sur la lune », c’est désertique, c’est volcanique, c’est puissant, j’adoreeeeeeee !! bon on commence à être bien au soleil, mais la chaleur est encore passable… J’ai toujours un rythme correcte et j’arrive vite au sommet de la bosse et me voici à 16km et une montée de 2000m positif dans le sable en 2h50 avec déjà plus de 30 minutes d’avance par rapport à l’an passé… Je suis bien mais dans ma tête, je me dis que je dois être parti un poil trop vite, mais tanpich… le paysage commence à envoyer du pâtéééééé, avec la mer de nuages à droite et la mer tout court à gauche… 

Place à la descente progressive, avec d’abord du sable et le chemin qui serpente sympathiquement avant de retrouver une large piste de 4x4 où je déroule tranquillement… j’apprécie énormément mes HOKA Mafate Speed dans cette partie, et depuis le début d’ailleurs ! Allezzz j’arrive assez vite à El Pilar, premier point stratégique avec le premier ravito « solide », où on retrouve beaucoup de monde… c’est là où a été donné le départ du Marathon et c’est l’arrivée du Semi… J’y arrive en 3h47 (contre 4h20 l’année dernière…). Je suis assez frais mais la chaleur commence à bien se faire sentir, je bois du coca et de l’Aquariuuuuuuuus, je mange 2-3 oranges, remplis mes gourdasses et prends un sandwich jambon fromage que je mange en marchant pour repartir tranquillement sans perdre trop de temps… Je retrouve Denis à la sortie du ravito qui me suit quelques mètres… ça fait du bien de parler avec un copain et en français !! 

Je continue quelques minutes en marchant avec mon sandwich que j’ai du mal à mâcher, c’est bien sec toussa mais je me force car il faut du salé… Place à une horrible partie : une large piste de 4x4 bien plat avec quelques faux-plats de merde que je détesteeee à mourir… quand je cours je m’épuise et quand je marche, je perds un temps de fouuuuu, la misère !! J’essaye de faire au mieux et limiter la casse sans trop forcer… et je cours assez souvent même dans les faux plats et j’arrive vite au ravito suivant : El Reventon au km 31. Je refais les pleins, les choses sérieuses vont commencer… aie aie aie !

COUP DE POMPE

Et là bimmm direct on repart en montée, sous le soleil qui tape à fond les ballons ! Je fais rentrer en jeu mes armes magiques : les nouveaux produits MISSION (merci à Running Planet Genève où je bosse) : ce sont des produits qui peuvent rafraichir jusqu’à 15 degrés en dessous… oui bon sur le papier, ça fait pipotage, mais je vous assure que c’est un truc de fouuuu ! J’ai donc le buff sur la tête et une petite serviette que je mets autour du cou… beaucoup doivent me prendre pour un débile, mais je vous enfume les cocos !!! Je sens vraiment le froid et ça fait du bien, bon ça m’empêche pas non plus de mourir de chaud hein… 
Et ça monte, après El Reventon, d’abord assez pentu puis plus doux après, mais j’ai bien baissé le rythme par rapport au début, ya pas photo… allez on arrive sur les crêtes là-haut, à découvert et on se prend des grosses claques de soleil, ça alterne entre petites montées et descentes, ça vallonne. Le paysage est incroyable avec toujours vue sur la mer des 2 côtés, la vue dans le cratère du volcan à gauche, on passe par des couleurs de chemins rouges, jaunes, marrons, c’est magnifique ! 

Je suis beaucoup moins frais et je suis dans le duuuuur. Pas mal du tout aux jambes, mais la respiration est très courte (altitude + chaleur) et je dois faire une petite pause assise de 3 minutes à l’ombre pour me reprendre un peu : pouarrrrfffff, non non je ne veux pas finir comme l’an dernier en rampant !! J’avance au ralenti sur ce vallonnage de la mort.. et là en me retournant, qui vois-je ?? Jérôme qui me sort : « sur une échelle de 1 à 10, comment t’es dégouté que je te rattrape ? » Quel enfoiraaaassss hihihi !!! Il passe devant et je le suis un moment, il part un peu devant, puis je reviens, le double et reprends quelques mètres.

J’arrive à la petite cabane non signalée mais avec un point d’eau qui est alors indispensable pour moi (comme pour 98% des coureurs). Le vallonnage continue, c’est long, je n’avance plus et je ne suis vraiment pas bien et je sentirais presque un malaise pouvant vite venir… je ralenti encore l’allure, et à ce rythme, je vais bientôt reculer bordel !! Jérôme me repasse devant et part loin.. J’attends le ravito avec impatience et le kilométrage est faux…. 3km plus loin que prévu dans la fournaise où nous sommes, c’est très difficile moralement.. on monte un coup de cul et on pense que c’est derrière, mais non, encore un, et non… pfiouuuu quel horreur ! 

Ahhhhhhh le voilà enfin !! km 46, et sur la décélération finale juste avant la douche, bimmmmm la cheville qui se tord, fuck !! mais bon ça passe assez vite en 2-3 minutes, ouf !
Je ne suis vraiment pas frais à ce ravito, j’ai besoin de m’assoir, de prendre mon temps.. même si le gros ravito de Muchachos n’est qu’à 4 km.. Je bois du coca, de l’eau et de l’aquarius pour changer.. Hop 2 petits bonbons aussi qui font grand bien au moral et au bout de 10 min, il faut repartiiiiiiiir…
Je repars vraiment doucement pour ne pas me remettre dans le rouge direct. Et bennn la forme revient un peu… ça ne fait que monter, descendre, monter, descendre… évidemment je marche en montée et trottine escargottement en faisant des petits pas en descente. Je retrouve Denis avant le sommet. Que ça fait du biennnnn !! on peut discuter 3 minutes, ça remonte bien le moral dans cette partie. J’avais complètement explosé une première fois ici l’an passé, mais la ça va à peu près… je ne vais pas vite, mais j’avance ! et même pire… je retrouve un peu de vigueur à quelques dizaines de mètres du Roque Muchachos, point culminant… il faut dire que ce point, on le voit depuis trèèèèèèèèèèèès, longtemps, depuis plus de 30km… il parait tellement près mais il est tellement loin !! Mais j’y suis enfin !! 

Km 50 et 3900m positif après 9h40 de course… (et quasiment 1h d’avance sur l’an passé…) !
Je retrouve Stéphanie et Jérôme du club sous la tente, on discute un peu et hop ils repartent pendant que je vais chercher mon assiette de pasta. Elle passe terriblement biennnn. Je suis assez bien, je retrouve des forces et je suis prêt à affronter la descente… Je reste un petit quart d’heure à peine, et hoooop, debout le popotin, je repars bien boosté !
 
DEBUT DE LA LONGUE DESCENTE

Je retrouve mes fameuses descentes qui montent… et ça re-vallonne pendant 3 km avant la vraie descente. Je suis capable de courir sur les faux plats montants, mais je reste prudent pour garder des forces ! Le soleil est à la verticale, il n’y a plus de vent, c’est une telle fournaiseeeeeee, mais ça reste tellement beau, et ça sent bon ! 

Et là, bimmmmmmmmmmmmmmmm patapouf, re-tordage de cheville, je manque de tomber par terre, et pose un genou au sol, mais là aie aie aiiiiiiiiiiiiiiiiiiie putain que ça fait maaaaaal !!!! Et ça me déclenche en même temps une crampe derrière le genou et à l’adducteur droit…. Je reste un moment le genou au sol, avec une pensée de quelques secondes qui me fait dire que repartir sera impossible, ça a vraiment craquas la chevillas comme il faut ! Quand je me relève, ouaaaa voile blanc, étourdit et je retombe sur mon genou…. pas bon, pas bon du tout bordel ! Bon Fred reprend toiiiiiii !!
Je me re-relève, et l’état de la cheville est moche ! Je commence par refaire quelques mètres en marchant en boitant, pouarfffff, c’est pas gagné, j’en suis qu’au début, ralala la misère ! 

Bon c’est bien chaud, donc la douleur finit par passer un peu, mais je dois être concentré à 1000% sur chaque appui droit… Me voici enfin dans la vraie descente, et ce n’est pas la pire… il faut être vigilant parce qu’avec la poussière ça glisse assez souvent et le chemin est souvent assez étroit. J’arrive assez vite au ravito de mi-descente à El Time sur une large piste de 4x4 où je reprends une vingtième douche de carafe d’eau sur la tête ! 

Les bénévoles espagnols sont tellement sympa, ils viennent te chercher tes gourdes, te les remplir, te demandent ce que tu veux, c’est incroyable l’effervescence de cette course. Toujours des venga venga par centaine, des vamos et animo aussiiiiiii ! Heureusement qu’ils sont là ! 

Je m’assoie à peine 3 minutes pour boire du coca et de l’eau, je commence à bien saturer du sucré… ça ne passe plus !! Je ne me rappelais plus trop de la descente, et je me dis à ce moment-là dans ma tête que en bas de la descente, je pourrais dire « ce n’était pas si dur que ça » Et bennnnn, j’avais juste oublié un petit détail : la 2ème partie de la descente : directas dans le vif du sujet et on retrouve le chemin caillouteux, pleins de pierres où c’est juste impossible de courir, encore moins avec ma cheville en carton !! Mais quel horreuuuuuuuuuur !! J’avais oublié… ça n’en finit pas, c’est long, il fait chaud, ça me soul, merde de merdasse, je regarde ma montre toutes les 3 minutes et ça n’avance paaaas !! Il y a à peine des passages de 20m plat et bimmm on repart dans ce sentier tout irrégulier. J’en ai tellement marreeeeeeee !! Ahhhh enfin on retrouve un sentier en goudron, mais qui descend de fouuuuu ! M’en fou, c’est stable pour la cheville au moins… 

LE BOUT DU TUNNEL DESCENDANT

Du coup ça descend assez vite, et c’est l’heure de se retrouver en haut du mur final qui descend sur le port de Tazacorte, il ne reste que 300m. Depuis le début, mon unique objectif est d’arriver de jour… depuis la minute où j’ai terminé l’an passé, je suis revenu dans cette unique but : franchir la ligne de jour ! Donc pendant la descente, j’ai fait des dizaines de calculs pour en déduire l’heure d’arrivée, et il faut que j’y sois avant 20h30 pour assurer l’arrivée de jour… Je suis donc bien dans le timing pour l’instant…

Dans ce mur, la vue sur la plage de Tazacorte est sublimissimeeeee, multi-couleur, c’est incroyable !! Je débarque enfin en bas, après 3h25 de descente (contre plus de 4h l’année dernière). Je suis au km 68 en  13h et il ne reste que 5km et aussi 300m positif où j’avais littéralement explosééééééé l’an passé !
Et je suis plutôt pas mal, le moral est au tooooop ! Je retrouve mon pote Denis pour la 3ème fois, toujours autant de plaisir. Comme je suis dans les temps, je prends le temps de m’assoir pour boire et poser mes jambes 3 minutes. 

DERNIER COUP DE CUL

Hop, je passe dans le couloir de douche et longe la plage, avant de passer dans le canyon en léger faux plat montant dans les cailloux…
Je marche à rythme correct, je ne peux pas courir, j’ai toujours limite tendinite derrière le genou et la crampe qui guettent toujours à l’adducteur droit… 

Ohhhhh bifurcation à droite et la montée peut commencer… C’est bien pentu, et je prends un rythme tranquille mais j’avance sans faire de pause. Elle me paraît longue mais finalement ça passe assez vite, on traverse plusieurs fois la route, avec les gens dans les voitures arrêtées qui nous encouragent, c’est trop cooool ! Sur la fin de la montée, c’est l’hécatombe au niveau des coureurs, j’en double 6-7 dont la moitié qui sont arrêtés sur le bord, qui étirent leurs crampes… quand je pense que j’étais dans leur état l’an passé, et même pire ! Le soleil est toujours présent sur le haut de la montée, je vais réussir mon objectif, yihaaaaaaa ! 

Arrivé sur la route la haut, j’entends un speaker et la musique mais encore à 2km du centre, ça me paraît bizarre… bon je me dis qu’ils ont installé une enceinte ici… mais nonnnn, c’est une famille qui a monté un stand, un micro et la musique + un tuyau d’arrosage et la dizaine de personnes présente sont au taqueeeeeeet, c’est impressionnant ! quel bonheur !!
Et voilà la fameuse ligne droite dans la ville qu'il faut traverser.. plus d'un km de long, en faux plat montant sur la fin.. je me mets à courir au début de la ligne droite mais je remarche de suite car j'ai toujours la crampe qui ne demande qu'à me piquer l'adducteur.. beaucoup de gens sur le côté, ils tapent dans les mains, ils nous forcent à courir, ils sont énormes !!

TAPIS ROUGE

Sur la fin de la ligne droite, je reprends une foulée en courant quand même pour l'honneur.. il y a de plus en plus de monde.. hop virage à droite, et de suite virage à gauche et là c'est le tapis rouge, le fameux tapis rouge des vidéos de folie… 

Il fait jour (yeeeeeeeeesssssssssssssss, il est 20h13 pour info), il y a un monde de fou, et au fond la ligne d’arrivée. Je trottine tout en filmant mon arrivée et en tapant dans les mains… quel bonheur !!
14h14 soit 2h15 de mieux qu’en 2014 !! Je reçois la médaille finisher direct, pour la 2ème année de suite… yesss yesssss yesssssssssss !! Ça c’est fait ! 


Bien bien content, très content d’être allé au bout. C’est vraiment une course difficile. J’adore la chaleur MAIS je crois qu’elle ne m’aime pas elle ! 

Merci à tous ceux qui ont pensé à moi, ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragement, à Running Planet Genève pour tout l’équipement, à Denis pour le suivi et à La Palma d’organiser une course si magique ! J’y reviendrais certainement un jour… 


EN CHIFFRE :
73 km
4200m positif (3900m négatif)
14h14
Moyenne Départ 0 km > El Reventon 31 km - 6,6 km/h
Moyenne El Reventon 31 km > Roque de Los Muchachos 50 km – 3,7 km/h
Moyenne Roque Muchachos 50 km > Port Tazacorte 68 km – 5,2 km/h
Moyenne Tazacorte 68 km > Los Llanos 73 km – 4,6 km/h
12 litres de liquides (eau, coca, aquarius) avalés
3 kilos de poussière avalés
25 litres d’eau sur la tête
1200 « Venga » entendus
8 coups de soleil


1 commentaire:

  1. Bravo bravo, belle progression!
    Tu refais l'année prochaine?

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