jeudi 17 juillet 2014

Ice Trail Tarentaise : la revancheeeeeeeeeeeee !



J'avais quitté Val d'Isère l'année dernière sur un abandon lors de ce même trail au 50 ème kilomètre sur insolation.. Cette année la météo est tout autre et ce n'est pas sur une insolation que je pourrais arrêter la course, ça au moins c'est gagné.

Réveil à 2h40.. J'ai quand même pu dormir un peu dans l'appart réservé par mes parents que j'ai rejoint après le boulot samedi.. Bien mieux que sous la tente ou dans la voiture sous la pluie et les 5 degrés.

Bon premier coup au moral, au réveil il pleut, froid et brouillard.. Fais chier !! Mais pourquoi on fait ça?
pourquoi je ne resterai pas dormir au chaud? Pffffff bon et 2eme coup au moral.. Le gatosport préparé la veille est tellement cuit que je n'arrive même pas à planter un couteau dedans.. Merdasse. Pour une fois que je voulais faire un bon repas avant une course.. Je me retrouve à manger de la brioche!!

Aller prêt pour aller sur la ligne avec le kway et pantalon.. En fait la pluie n'est pas très abondante et ça passe, il ne fait pas non plus si froid que ça. Sur la ligne je trouve un couple de Genève Martial et Manikala (6eme femme), ça fait plaisir de voir des connaissances, mais aussi Roxane et Marco (couple finisher Tor des géants). Je suis sur le devant de la ligne.. 3.. 2.. 1.. Le départ est donné à 4h précise.

Lets gooooo.. Tout seul cette fois ci (l'an passé Juju Gantenbein m'avait accompagné et supporté) sur ce parcours de fou, plus haut trail d'Europe.. La pluie est fine. Apres quelques centaines de mètres sur route et chemins en faux plats descendant pour sortir de Val d'Isère on attaque les singles. Juste à ce moment, je passe devant mes parents que j'aperçois dans la nuit et le brouillard. Un peu plus haut, j'enlève mon kway car il fait vite chaud. Cette première partie en forêt se fait tranquillement, on est tous à la queuleuleu.. On est en forêt et c'est très boueux mais avec mes bâtons et bonne shoes Cascadia, je croche comme des crampons, c'est appréciable. Allez la bosse de 300m de dénivelé est bien avalé, et place à la petite descente sur Tignes. Ça ne va pas très vite, je double quelques concurrents mais je gère, je retrouve mes parents en bas de la descente.

C'est parti pour un peu de plat à traverser Tignes, la pluie s'est arrêtée, le jour se lève et même qu'on pourrait presque apercevoir la lune.. Les nuages se dispersent-ils ?

1h30 de course et me voilà au pied de la grande motte, plus haut sommet à 3600m d'altitude. C'est une montée assez pentue, une large piste de 4x4 sans boue. Je monte à un bon rythme mais sans forcer, avec l'altitude il commence à faire froid.. Je retarde le moment où je remets mon kway. Mais je n'ai pas chaud patate. Un ou deux kilomètres avant le ravito en haut du funiculaire, la neige commence.. La plupart des coureurs s'arrêtent pour mettre leurs yaktrax, et moi je continu. Et je ne glisse pas plus pour autant haha

J'arrive au ravito plutôt bien, je profite du passage dans la zone d'arrivée du funiculaire à l'abri pour remettre mon kway. On est à 3000m d'altitude et ça caille avec le vent. Premier ravito, et hop une bonne petite soupe chaude qui fait du bien.

C'est reparti pour la zone sur le glacier.. Je suis parti du ravito sans les yaktrax, normalement obligatoire pour cette partie (bouhhhhh mas bien Fred !!!). On longe la piste de ski, on croise les coureurs qui redescendent, ça monte tiptop nikel, bien mieux qu'avec mes yaktrax de l'an passé...

Plus on monte et plus j'ai l'impression que les nuages se disloquent. Ohhhhhh Emelie qui descend, alors je l'encourage "allez Emeliiiiiiie", "allezzzz go go go" pour me répondre :)

Quelques temps après,
"allez Maud" un peu moins enthousiaste que pour Emelie, certes, mais aucune réaction de sa part.. Juste un regard presque froid.. Humhum !

Et là le soleil fait son apparition.. Ça tombe bien, j'ai les mains gelées, je souffle dans mes gants, puis c'est le soleil qui me réchauffera. Les derniers mètres de la montée sont longs et je suis content d'arriver sur le plat au niveau de l'arrivée du téléphérique grande motte à 3450m. 18km de course en 3h37, et presque 30min de mieux que l'année dernière.. Et la haut c'est magnifique, on est au-dessus des nuages, le soleil est là, il fait tellement plaisir. Avec la météo pourri de toute la semaine, on ne va pas monter tout en haut sur l'arrête,
on fait juste un tour sur le glacier en ajoutant quelques mètres d'altitude pour être à un peu moins de 3600m, c'est tellement beau, je prends des photos, je m'arrête faire une petite vidéo.. Il est 8h, pas un poil de vent! Puis place à la descente.

Allez zouuuhhh dans la neige.. Je ne vais pas comme un taré et je gère le retour sur les pistes de ski où les premiers skieurs font leurs premiers virages à côté de nous dans la descente. A peine quelques mètres et nous revoilà dans le brouillard et le froid. On repasse au ravito du funiculaire et là j'ai la surprise de voir mes parents.. Ça fait plaisir car ce n'était pas prévu !! Un nouveau verre de soupe et une photo de famille, et je continue la descente. Fini la piste de ski bien damée, place à la neige soupe, où on s'enfonce parfois jusqu'au genou et je kiiiiiiiiiff. Je double pas mal de gens comme un fou, à côté du chemin, là où la neige est fraiche et où ça ne glisse pas.. Enfin moins ! Puis je gère l'allure tranquille sur les faux plats en chemin single. Petit pointage au col de Fresse, puis j'attaque une petite montée de 200m!! Toujours sous les nuages, et on alterne les passages sans vent où j'ai chaud, avec les passages venteux où là c'est juste ! Je reste donc toujours avec mon kway et pantalon presque style cosmonaute mais ça le fait très bien! Je double les gens en descente et il me redouble en montée, chacun son tour.. "tiens encore toi.." "à tout à l'heure" hihi

Allez allez, je termine la montée jusqu'au col de la rocheure avec vue sur le lac.. Pas moche.. La fin de la montée était bien pentue et je suis content d'arriver en haut..

Je m'arrête pour faire quelques photos et hop place à la descente.. La première partie est traversante, faux plat descendant, à traverser pleins de ruisseaux, des névés.. Avant le petit mur final avant le ravito du fond des fours, un mur enneigé bien pentue.. Allezzzzzzzz je me lance à fonnnnd, glissades, freestyle.. J'arrive à tenir debout, avec une ou deux fois la main par terre quand même pour contrôler.. Et déroulage jusqu'au refuge.. Sur les derniers 200m avant le refuge, on croise les coureurs qui repartent et enchaîne avec la montée..

Pour moi place à un arrêt d'une dizaine de minutes.. Une petite soupe à nouveau, coca, ice tee, eau, remplissage des gourdes, je m'assois à peine 3 minutes et hop je repars. Je me souviens de ce qui m'attend, l'année dernière, j'étais au radar et à l'agonie dans cette montée.. Pfiouuuu je n’ai pas envie de la faire.. Mais bon pas le choix hein ! Alors hip hop, je prends mon rythme de "confort" sans forcer et sans être dans le rouge, et ça monte tranquilou, je rattrape quelques gens, d'autres me doublent. Ça passe assez vite, je suis pas mal. La fin est un mur de neige pour franchir le col, hop je me cale dans les traces, je donne le rythme avec les bâtons. 

Et voici le col des Fours à presque 3000m… Belle vue sur un lac derrière et hop j’attaque la descente après quelques photos souvenirs. 

Ça descend bien, je n’ai absolument pas mal aux jambes, mais comme souvent dans les trails, je suis limité au niveau de la respiration.. et là avec l’altitude ça n’aide pas forcement !! mais bon j’y vais, on alterne entre terrain dur, boueux et neige… je me prends 2-3 gamelles dans la neige à force de vouloir faire le kékosssss à fond tout droit !! mais ça épuise quand même pas mal tellement c’est mou. J’arrive vite au bord de la route, et la partie où je suis mourut l’année dernière (mon binôme pourrait vous le confirmer !!). Et bien là, je retrouve mes parents qui attendent depuis 8h30 du matin (et à cet instant, il est quand même 13h15…… chapôôô !).
Place à 3km de faux plat montant sur la route du Col de l’Iseran.. je marche d’un pas correct, Maman m’accompagne avec le petit frère Hamac (un cocker de race pour ce toutou de 2 ans). Ça fait plaisir d’avoir du monde à côté ! Mon père fera un petit bout aussi. Et me voilà que j’arrive au ravito. Là même où j’avais abandonné ! Je suis pas mal et j’ai 1h30 d’avance sur le temps de l’an passé.
Je prends le temps de recharger mes gourdes, de boire de la soupe. Il y a du vent, et j’ai froid en plein courant-d’air. Je ne traine pas et hop, lets go every body on the dancefloor… place à l’inconnu et la dernière partie que je ne connais pas. 

Dès que je repars, pfiouuuu il se met à pleuvioter !!! grrrrr, j’ai toujours mon kway, je fais tomber la capuche sur la tête. Ça monte direct, allez tout droit dans la pente, ça grimpe sévère mêmeeeeee ! aie aie aie ! Les écarts sont grands avec ceux devant et ceux derrière moi. Toute façon je crois que c’est mort pour le podium hein !!! alors autant prendre mon temps. J’ai un petit rythme, mais qui ne me met pas dans le rouge. Et voilà 300m + de montée, le terrain s’aplatit et j’arrive à une petite cabane… ça redescend mais ce n’est pas la fin de la montée !! non non nonnnn, le gars bénévole me dit « ça descend, mais ça remonte 300m + après » !! humhummm dur dur ! surtout que le temps est moche, la pluie se transforme en petit grêlon, brouillard et vent ! 

Bon allez répits cool dans la neige, puis bifurcation de la mort à droit et bimmmm dans tes dents !! ça monte encore plus pentue… et on arrive bientôt à l’endroit où on croise les coureurs qui redescendent, qui sont donc montés tout la haut déjà… dur au moral aussi. Surtout que ça monte, encore plus pentue, là c’est vraiment hard hard !! pfiouuuu, j’appuis sur les bâtons, avec le brouillard, je ne vois pas le sommet, mais ça monte encore et encore pffffff, j’en ai marreeeee ! Ah ah ahhhhh ça s’aplatit, ouffff je vois des gens !!! bipation du dossard, je m’arrête 30 secondes pour profiter….. du ….. brouillard haha ! 3300m d’altitude ! Allez la descente est la même que la montée, et vu comment c’était pentue, et bien elle est tout aussi pentue, et ça fait presque mal aux jambes… le soleil pointerais presque son nez… j’ai bien dit presque, mais la pluie s’est arrêtée et ça s’éclaircie un peu. La situation s’est inversée… c’est moi qui suis à la place de « l’enfoiré qui est déjà monté et descendu » !! yeahhhhh. La fin de la descente est plus coool, et je retrouve mes parents au bord du chemin, décidemment ils sont partouuuuut, trop coool :-) 
 
Ils me laissent, je finis la descente jusqu’au Col de l’Iseran… où ils sont à nouveau là (ahhhh mais ils ont une voitureeeeee !!!). Je ne m’arrête pas longtemps au ravito, c’est le dernier, il reste encore une montée… que j’avais oublié d’ailleurs !! ça ne va jamais finir tssss
Allez go go, ça monte cool dans la neige, puis un petit raidillon pour nous achever avant le tunnel. Ça glisse sous les pieds, et merci les bâtons ! Nouvel arrêt pour les photos à l’approche du tunnel et sous le tunnel. De l’autre côté la descente… mais descente style piste noire de ski.. tout droit, ça glisse entre neige, cailloux et boue… pfiouuu il faut parfois s’arrêter pour réfléchir où passer… et bimmmm fesses dans la neige et glissade luge ! Le mur passé, place à un vallonage entre descente et petite montée qui casse le rythme, elles me soulent !!! Mais la vue est sympa et dégagée avec au loin le glacier Grande Motte qu’on a escaladé le matin même… c’est incroyable de se dire tout ce qu’on a fait comme chemin. 

On passe devant un petit lac, puis place à la descente finale sur Val d’Isère… pas de chichi, il y a bien un chemin qui serpente sympathiquement mais non !!!!! ils nous font couper à travers droit dans la pente… où il est parfois difficile de retenir ses jambes. Mais au moins ça va vite. Allezzzzzz ça sent bon l’arrivée youhouuuu, dans Val d’Isère, dernière ligne droite…

Je franchis la ligne avec mon short rose mais caché toujours sous le pantalon… tanpi !! 13h12, bien mieux que ce que je pensais. HAPPY ! 159ème / 322 classés (450 au départ). 62km, 4500m positif au final pour ce plus haut trail d'Europe... un vrai trail de Haute Montagne !

Je suis arrivée bien plus vite que prévu depuis le dernier ravito que mes parents mettent quelques secondes avant de voir que je suis arrivé hihi !! trop rapide Fred !!! 

Ma revanche est prise… à croire que je supporte bien mieux le froid et la neige que la chaleur de la Transvulcania. Ahhhhhhhhhhh quel bonheuuuuuur !!

Voici une 2ème manche de Coupe du Monde de bouclée ! ça c’est fait.

Grand merci à mes parents d’avoir sillonné les routes pour me suivre, mieux que les leaders je suis sûr !!! 

Pas trop de courbatures, pas de séquelles… objectif rempli, place à la suite !
Oyé oyé

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