mercredi 17 juillet 2013

Ice Trail Tarentaise : quand le magnifique sublime la souffrance !



Je l’attendais depuis un moment cette course, mais sans aucune apprehension ni stress, loin de là. Presque comme si c’était « normal ». J’ai un entraînement correct mais surtout ce trail est là pour préparer la CCC fin aout. Alors une semaine avant j’ai fais un 32km et 1000m positif du côté de ma Normandie où je termine assez cuit, n’ayant pas l’habitude de courir pendant 3h non stop, le mercredi la première manche du kilomètre vertical de Manigod, réduit à 570m positif (orage) où je suis complètement à la rue et je manque d’envie. Certe, mais les 65km et 5000m positif de l’ITT ne me font toujours pas peur. Je suis rassuré que mon pote Julien Gantenbein le fasse avec moi quand même, on devrait bien rigoler. 

A Val d’Isere c’est la folie, du monde et du beau monde, les meilleurs mondiaux sont là, manche de coupe du monde forcement. Alors je suis comme un gamin de faire mes photos avec Kilian Jornet, Emelie Forsberg et Anna Frost :)   En attendant que ce soit eux qui m’en demandent une….. hihi
Le départ est à 4h. Il ne fait pas chaud, nous sommes tout de même à 1850m d’altitude, le point le plus bas de la course… Nous partons dans la 2ème moitié tranquilement, après avoir fait quelques hectomètres sur la route pour joindre la forêt, on commence à bouchonner dès le début du chemin qui monte d’entrée. On bouchonnera plusieurs fois, perdant environ 10 minutes en tout sur cette bosse de 500m positif qui nous mène du côté de Tignes où l’on redescend pour traverser le village de Val claret et longer le lac à 2100m. Tout va bien, le jour se lève et on va pouvoir attaquer la GROSSE difficulté du jour et non des moindre. On fait les 10 premiers km en 1h32. Et bim, c’est partiiiiiiiit, il faut grimper jusqu’à 3650m d’altitude !! oui oui !!! La montée se fait bien, à mon rythme (Julien me suit à l’aise), il fait froid, les mains bougent difficilement avec le froid. On arrive dans la neige dès 2700m d’altitude et on s’arrête pour mettre nos yaktrax. J’en profite pour mettre mon k-way par-dessus ma veste légère et les gants. La galère commence déjà avec mes yaktrax vraiment pas top du tout, et ça glisse presque pire qu’avec mes chaussures. Heureusement que mes batons sont là pour m’aider car sans batons, je n’aurais jamais pu monter, c’est certain. Bref je fais du mieux. On arrive au ravitaillement à 3000m d’altitude. Je suis toujours bien, je me suis réchauffé un peu avec le soleil qui commence à pointer le bout de son nez. Le paysage est somptueux. Je mange presque rien, remplir ma petite bouteille d’eau et on repart. Après une petite descente et quelques mètres, la montée infernale continue. 

Nous sommes maintenant sur le glacier de la grande motte, et on est sur la piste de ski noire dammé pour les skieurs ! Ca monte raidos, c’est bien verglassé et je patine du feu de dieuuu, GRRRRRRRRR qu’est ce que ça m’énerveeee !! et là pas le droit de tomber sinon on retour illico en bas !! Dans la montée on croise les coureurs qui redescendent. On arrive à au sommet du téléphérique de la grande motte, mais nous on continue. On rentre dans la vif du glacier, suivre les traces, pas le droit de courir ni de doubler. On va bouchonner un petit quart d’heure dans la montée avec une partie raide en cailloux. Et nous voilà en haut, la haut, à 3650m d’altitude et 19,5km de course. Pas un poil de vent, ciel bleu, les montagnes à perte de vue. Magique !!!!!! instant photo, vidéo et hop on redescend. Dur dur la descente raide, ça glisse et je fais ma première glissade où j’ai failli emporter Julien et les gars devant, pfiouuuu ! On rebouchonne 15-20 minutes pour un passage technique avec des cordes comme dans la montée. Et hop nous revoici sur la piste de ski. Les skieurs sont là aussi. Hop hop hop mode lugeeeee, lets goooooooooooo, ça glisse bien, ça repose les jambes et c’est trop coooooooool :)
On repasse au ravito de la montée, légèrement décalé pour pas s’emmeler avec ceux qui montent. Je prends mon temps, j’enlève les gants et les vestes, il fait bon, beau, tiptop, on met de la crème solaire. Et hop on continue la descente dans la neige toujours, de plus en plus molle. On déroule bien puis on retrouve le sentier, on enlève les foutus yaktrax !!! ouuuuufffff Et là le chemin single est magnifique comme les paysages. Le bonheuuuuuur !!! Toujours bien, on remonte sans cesse des coureurs sans être rapide. Parfait. On discute, c’est plaisant, on raconte n’importe quoi, on rigole. C’est l’heure du ravito au col de Fress. On ne s’arrête pas très longtemps, la montée suivante se fait bien, on retrouve de la neige. Forcément dès 2700m d’altitude il y a de la neige, sachant qu’on ne descend jamais en dessous de 2500m… Je profite toujours des paysages. 

C’est là que ça va se compliquer, un peu avant le kilomètre dans une montée, je ne me sens pas très bien, le souffle est court et je dois m’arrêter 3-4 fois quelques secondes car je sens la nausée. La descente derrière ne va pas trop mal, puis on arrive au refuge du fond des fours. Là je sais qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, je ne peux rien manger, j’ai du mal à boire. Humhum. Je m’assois 15 minutes pour reprendre mes esprits, mais ce n’est toujours pas ça quand on repart. Une montée nous attend de quasiment 500m+ et là c’est un calvaire d’enfer !!! Je me cale à un rythme de grand père de fou, je me concentre sur la respiration car je sens que la nausée est la à chaque instant, on est dans la neige, j’en peux plus mais je continue en mode robot. Julien est là pour m’aider, me parler, faire des blagues auxquelles je ne réponds même plus…. Chaque pas est lourd, chaque respiration de plus en plus courte. On passe le col à près de 3000m pour attaquer la descente. Je fais comme je peux en descente, ça passe à peu près mais dans la neige c’est duuuuuuuur et chiant, de la vrai soupe, on s’enfonce jusqu’aux mollets, je glisse plusieurs fois et la relevage est duuuuuur !!! on arrive en bas et là une partie sur route de 2km nous attend en faux plat montant jusqu’au refuge. Et là c’est la misère. Les 2 km les plus longs de ma vie… à peine 2km/h de moyenne, chemin de croix !!! le ravito est long à veniiiiiiiiiir. Je sais dajà que je ne pourrais pas repartir. J’y arrive, je m’assois direct, je ne peux toujours rien manger ni boire. Il reste 17km et plus de 1000m positif avec un passage à 3300m : juste impossible pour moi, clairement ! Je rends mon dossard….et laisse partir mon coéquipier seul…. (désolé Julien) 49,5 km et 3600m positif en 11h03….. Point final ! 

Une course hors norme, un parcours magique, des paysages extraordinaires… je reviendrais et avec une casquette cette fois ci !!
Merci Julien !

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