mardi 30 octobre 2012

La Grande Course des Templiers



Un an que j’attends ça, un an que je me suis m’y en tête de les faire, juste après avoir bouclé mon premier « gros » trail des Hospitaliers, ses 76km et 3000m positif en 13h52, l’objectif était la Grande Course des Templiers, ses 72km et 3200m positif.
La semaine est belle du côté d’Annecy, le temps ensoleillé et il fait bon vivre toujours en short, mais la météo n’annonce pas tip top pour le weekend… pas manqué, j’arrive le vendredi en début d’après midi sur place avec Raph, et il pleut et ça se rafraîchi. On s’arrête au salon du festival avec tous les stands de trail, de marques, qui donnent tous envie forcément, puis on va chercher nos dossards. Ohhhh sur le chemin, qui vois-je ? Monsieur François d’Haene, vainqueur du dernier UTMB. Pose photo et discussion 3 minutes sur sa forme et sur sa reconversion professionnelle. Très sympa.
Pas de queue aux dossards, parfait. « Bonjour, dossard 1487 s’il vous plait, merci ». J’ai le sésame et le petit cadeau, un buff. Youhou.
Le samedi, ça se rafraîchi encore davantage, avec quelques gouttes de pluie mais rien de méchant et même du soleil en fin d’aprem. Ca se rafraichi encore et bien bien comme il faut. Préparation minutieuse des affaires, la question est « comment s’habiller ? » Il va faire froid, beaucoup de vent.
Réveil réglé à 2h15, il est 22h00, je vais essayer de dormir. Et bizarrement, je dors un peu, même bien wahouuuuu, enfin je suis réveillé avant le réveil quand même, faut pas abuser !! Il y a eu beaucoup de vent la nuit, et je n’ose pas regarder dehors le temps qu’il fait… Bon ok c’est le pole Nord, option collant long et manches longues et couverture de survie. Si Si. Couverture de survie !! Comment ça ? et bien coupé la taille du buste, enroulé et scotché, et puis aux cuisses tant qu’à faire hein, allez hop ciseau, coupe coupe et voici 2 cuissards de survie yeah. On se retrouve sur le site du départ 1h avant, frigorifié ! mais je m’y habitue et quand on se place sur la ligne, entouré de tous les coureurs, on se réchauffe et ça va. On attend juste le moment et LA musique. Celle qui fait vibrer et rêver quand on l’entend sur des vidéos. Petit speach, il est 5h14 la musique se lance. Mais même pas le temps de la savourer plus de 30 secondes que c’est déjà le compte à rebours, 10…9… Mais merde quoi, putain, fais chier, nul, caca boudin !! tout le monde la voulait plus longtemps !! TOP… bon bah il faut y aller, les feux de bingual rouge en pétarade, puis je m’élance en trottinant. Je trottine pas mal au début, enfin parmi toutes les fourmis lumineuses quoi. Une bonne partie de route pour commencer, on attaque un chemin toujours sur route en faux plat montant puis à Carbassas, le chemin et la première côte. Je la monte en marchant bien mais tranquillement, je ne veux pas forcer, le chemin est long. En plein le passage le plus pentu, voila que j’entends un « Fred ? » derrière moi. BUG. Et oui je connaissais bien, c’était Jean-Baptiste Burlot, un normand qui fait son premier « gros » trail. Nous restons ensemble la montée, on discute, on la fait en rythme, je suis bien et on arrive vite en haut, en plein dans la masse. Et là devant 10km de « plat » que l’on fait à un bon rythme, toujours en discutant sans voir le temps passer ni les kilomètres et ni la vitesse, il fait toujours nuit… je pense que je suis parti un peu vite. Après le plat, descente sur Peyreleau avec le levé de soleil. Il fait froid, il y a du vent, mais je suis bien couvert donc ça va. Au ravito du 22ème kilomètre, j’en suis a 2h19 de course et presque 500m positif à 9,5km/h de moyenne. Vite. Avant de repartir, je croise François d’Haene qui est là, et donc je lui demande ce qu’il fait là et s’arrête à cause d’un mal de genou. Je repars et on attaque aussitôt la montée, et là premier passage à vide. C’est surtout que je me sens pas bien, sans doute dû au ravito avec presque l’envi de vomir… ahhh berkkkk non non non, pas ça ! je m’arrête une minute pour bien respirer et faire 2-3 rototos et je repars, ça passe mais je suis pas tip top bien, je me refais un peu et après la montée de 450m positif, je recoure pas mal sur le plateau où il y a quelques flocons de neige qui tombent, jusqu’au 2ème ravito à Saint André de Vezines au 34ème kilomètre où j’arrive en 3h57, un ravito sur le plateau, sous un préau en pleines rafales de vent bien froid. Je n’y reste pas longtemps, à peine 3 minutes pour boire coca, eau et manger quelques trucs. Je repars alternant course et marche quand ça monte un peu, je suis dans l’optique gérance parce que je sens que la fin va être dur. Même s’il fait froid et beaucoup de vent, je suis bien et je n’ai pas trop froid. Mais couverture de survie bustière doit être un minimum efficace, par contre les bouts de cuisses sont descendus et devenus bout au mollets hihi. Tanpi, la flemme de les enlever ! On attaque la descente, je suis toujours bien en descente, mais bloqué par des coureurs par paquet, par train même souvent. Et oui, c’est ça de partir nombreux sur la ligne, il y a toujours du monde avec toi, devant, derrière, à côté, tu ne te retrouve jamais seul sur le chemin. Je double des wagons mais hop 100m plus loin, un autre train. Patience. Puis ensuite, j’attaque la 3ème « grosse » difficulté du jour au moment où les premiers rayons de soleil pointent leur nez. Je mets grosse entre guillemet car « seulement » 360m de positif. Je mets seulement entre guillemet car sur Annecy, j’ai plutôt l’habitude d’un 800m de positif à chaque sortie, voire plus. Et bien putain, terrible. Pire qu’une grosse vache dans la montée. Pas de danger que je bouchonne, tout le monde était derrière moi, c’est moi qui faisais le bouchon avec mon train de ….. je sais pas quoi d’ailleurs, mais une horreur. Même obligé de m’arrêter dans la côte et m’assoir pour souffler un peu. Je fini la montée à l’arrache, et relance en courottant sur le plat jusqu’au 3ème ravito à Pierrefiche au kilomètre 48. J’y suis en 6h25. Je me dis que c’est vachement bien déjà et me demande si je ne vais pas exploser encore plus après. Je me ravitaille, je m’assoie dans la salle quelques minutes pour récupérer. Je ne suis pas très serein et déjà bien entamé. Bon je repars tranquillement puis sur un bon rythme, je vois que j’ai repris un peu de jus et que je suis bien. Une petite période d’euphorie qui va durer 2h je dirais environ, où je suis pas mal mais le terrain n’est pas très dur avec principalement la descente et du plat, mais dans des relances, j’arrive à bien courir sur des petites montées. Ca fait plaisir. Bon ça c’était avant. Avant le petit coup de cul de 200m à monter où comme dans les principales montées d’avant, je suis à la ramasse totale et des autobus se forment régulièrement derrière moi. Même obliger de m’arrêter sur le côté et m’assoir 5-6 minutes pour souffler. Je suis gêné par un adducteur qui ne demande qu’à cramper, et c’est quand je marche que je le sens bien, donc je fais attention à ne pas faire de faux mouvement. Et hop je repars pour la fin de la montée puis la descente va bien, comme toutes les descentes même si je sens que les quadriceps gueulent un peu. En bas, on passe dans le petit village Le Monna où il y a pas mal de monde qui nous encourage et ça fait du bien. Il faut dire qu’avec mon short fétiche, j’ai souvent des remarques sympas, je retrouve même des gens que j’ai vu plusieurs fois alors ça permet de faire des petites blagounettes, qui me paraissent excellentes mais qui font rire personne à part moi, ce qui est le principale après tout. Je ne me rappelais pu et je pensais pendant un instant que le ravito était dans ce village mais non pas du tout, il fallait monter l’avant dernière grosse difficulté de presque 500m positif avant le ravito. Alors là bim paf pouf, dur le moral, donc pour m’encourager, hop je m’arrête 6-7 minutes en bas de la montée et reste assis face au paysage. Jolie. Allez hop je me lance, je monte doucement, je reprends ma place de conducteur d’autobus et je laisse régulièrement passer des gens, enfin tout le monde, puisque tout le monde me rattrape. Je m’arrête une seconde fois dans la bosse 5 minutes, je repars aussi lentement, puis plus haut je m’arrête encore 6 minutes pour souffler. Quand je vous dis terrible, c’est terriblement fantomatique que je monte les côtes. Je commence à entendre des gens, ahhh le ravito ne doit pas être loin, mais c’est interminable quand on n’est pas bien !!!! J’arrive enfin à la ferme du cade, il fait froid et des courants d’air à l’intérieur, il y a une petite cheminée. Je me dis que ça me ferais tellement de bien mais c’est un piège : « qui va se réchauffer à la cheminé pendant un trail, ne repars pas sur de bon rails ». Alors je me ravitaille, eau, coca, je n’ai pas spécialement faim mais ma petite compote  avec du pain est magnifiquement bien passée. Je m’assois 4-5 minutes et je repars. C’est toujours difficile de repartir dans le vent glacial et je mets toujours quelques minutes avant de me réchauffer un peu.  J’ai toujours ma couverture de survie sous mon manche longue et le kway par-dessus le camelback avec la capuche indispensable par moment surtout la haut avec le vent. C’est de la descente, donc je ne vais pas trop mal, enfin je ne peux pas aller spécialement plus vite car la, je suis passager de l’autobus et donc je dois attendre comme tout le monde car les chemins sont des singles et très difficile de doubler surtout quand il y a 13 personnes à la queue leu leu ! Puis très vite on attaque la dernière montée. Terrible. La montée de l’antenne qui se termine avec des grandes marches et en presque escalade. Mais je ne suis pas trop mal, enfin je suis le train de tout le monde, ça avance à 2km/h donc forcement que ca va bien ! J’y arrive le vent est terrible là haut, presque à nous faire reculer comme si on ne venait pas assez d’en chier !! Mais la vue là haut est magnifique, sur Millau, son viaduc, les causses et le soleil est là. Un bénévole nous indique qu’il doit rester 40 minutes de course et presque que de la descente. Gros gros BRAVO aux bénévoles en passant, eux qui restent des heures sur place, qui encouragent et tout… ils ont presque plus de mérite que nous qui courront ! Ohhh 40 minutes, j’en suis à 11h10 de course, les moins de 12h sont envisageable !! yeah yeah, la descente ne  se fait pas très vite, ça bouchonne un peu, elle est très technique, très boueuse et très glissante. Petit passage par la grotte du hibou avant d’attaquer la dernière partie de la descente qui se fait aussi doucement. Les 3 derniers kilomètres descendent plus coolement et donc je peux recourir tant bien que mal et en bas je vois le site d’arrivée, quel bonheur. J’y arrive content et je franchi la ligne d’arrivée en 11h45’, très content de mon temps pour 72km et 3150m positif. Hop petite médaille et tee shirt finishers qui font plaisir. 1095ème au final sur les 2700 inscrits et les 2006 finishers, je n’ai pas cessé de rétrograder au fur et à mesure de la course puisque j’étais 663ème au premier ravito, puis 879ème, puis 976ème… mais l’essentiel est ailleurs forcément. HAPPY TIME

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