mardi 7 août 2012

Premier trail ORAGEUX


Il fallait bien une première « bonne » course en montagne après un mois d’entraînement en montagne justement, je m’inscris donc au 54km Courchevel X’trail avec 4400m de dénivelé positif ce dimanche 5 août. Départ prévu à 4h !
Mettre son réveil à 0h30 quand c’est l’heure où je me couche d’habitude, ça fait bizarre. Sachant très bien que je n’arriverais pas à dormir si je me couchais à 21h ou 22h, je décide de faire seulement 2 micros siestes de 30min chrono, une à 23h et un autre à minuit. Pas le temps de s’endormir profondément et se réveiller dans les nuages, elles m’ont quelque peu reposé quand même.
Au moment du petit déjeuné, à une trentaine de kilomètres au sud d’Alberville, un orage se pointe sur nos têtes, avec éclairs, bonne pluie d’orage violente (pas très longue), et vent. Forcément on se pose des questions car l’envie de prendre le départ sous ce temps n’est pas forcément très grande J
Bon nous partons quand même à Courchevel (Le Praz) juste aux pieds des tremplins olympiques de saut à ski, qui sont d’ailleurs très impressionnant (pour moi qui n’en n’avait jamais vu en vrai). Le temps est presque clair, on voit les étoiles, il fait frais, le départ peut être donné à 3h45 (avancé de 15min pour la météo). On se place dans les premiers et voyant qu’on est vraiment devant les premiers, je recule un peu quand même, pour laisser la place à Dawa Sherpa.

Le départ est donné, je cours 1 minute et bimmm grosse côte style kilomètre verticale.. Je pars sur un bon rythme, comme souvent les mollets et tendons tirent un peu dans les premières minutes le temps de chauffer. Il me faudra aussi quelques minutes pour m’habituer aux bâtons de ski de fond que l’on m’a prêté et qui sont beaucoup plus grand que mes bâtons habituels de marche nordique. Je pars beaucoup plus vite que mes courses habituelles mais je me sens bien et avec mes 2 kilomètres verticaux, je sens que je marche bien, je suis même devant mon collègue de course qui est toujours devant moi au début d’habitude Raph. On monte 400m positif en 2,3 km et ensuite place à 3km de presque plat où on court petites foulées. Puis la montée reprend et on enchaîne 600m de positif en 3,5km, je vais moins vite, il fait nuit mais on voit la lueur du soleil se lever doucement, on commence à voir l’ombre des énormes montagnes, les étoiles brillent, la vallée est éclairée par les lumières de la station, c’est jolie même dans la nuit la montagne. J’arrive au premier ravito au 9ème kilomètre à 2250m d’altitude en 1h30 au col de la Loze, mange et bois un peu puis je repars pour une petite descente avant de reprendre la fin de la montée très pentue jusqu’au rocher de la Loze à 2525m.
La descente est agréable en single track qui serpente, le jour se lève doucement, on aperçoit les montagnes et le paysage est superbe. 15 minutes pour descendre 450m, je suis bien, les jambes tournent bien puis hop on remonte, l’enchaînement descente-montée est difficile et les jambes piquent un peu au début de la montée. 50minutes de montée jusqu’au sommet de la vizelle 600m plus haut, je vais moins vite, un rythme cool, mais je ne veux pas forcer, je regarde le paysage, nous sommes sur des pistes de ski, je m’imagine sur mes skis et me dis que la montée est dure alors que c’est à peine une piste bleue/rouge. Au sommet c’est le 2ème ravito et point de passage à 2660m, il ne fait pas très chaud. Je me ravitaille puis repars par une descente courte de 100m mais très pentue, en descente je vais très bien puis on remonte un peu, je suis moins à l’aise en montée et vais pas très vite. 
Après le col du Fruit, c’est parti pour 3,2 km et 700m de descente où je suis vraiment bien, je double pas mal de monde. Les nuages arrivent petit à petit. En bas, un peu de plat où je cours tranquillement, Je viens de dépasser le 20ème kilomètre en 3h45. Puis on enchaîne directement par une nouvelle montée de col. Je vais encore moins vite, mais je veux aller au bout alors je gère et je sens que je ne suis plus si bien que ça. En plus, je me retrouve assez vite dans les nuages et le brouillard et il fait de plus en plus froid, surtout qu’on monte de plus en plus haut. La montée se fait par palier avec quelques mètres de plat parfois mais jamais très longtemps. Je passe le refuge du saut puis le col de Chanrouge à 2530m, légère descente puis on attaque le col du râteau. Un col très difficile tout en pierrier, alternant grosses rochers style grandes marches, et petits cailloux. J’ai pas beaucoup de force en montée, je vais vraiment doucement, le moral est pas très présent en plus, je m’arrête quelques minutes dans une rivière pour boire énormément d’eau, ça me fait du bien. 
C’est au moment où un orage va commencer à gronder juste au dessus de nos têtes et du col du râteau, un col en pleine montagne, coincé entre 2 montagnes, pas de porte de sortie. Il se met à pleuvoir avant la dernière partie du col, une grosse pluie d’orage, le vent est là, et le tonnerre gronde. Pas de doute, on est en plein dans l’orage… Je suis frigorifié, je ne sens plus mes mains. Le bruit du tonnerre est assourdissant, et je me pose la question de lâcher mes bâtons (comme beaucoup de personnes l’ont fait) mais ce n’est pas les miens, je ne peux pas les laisser la haut. Le moral n’est plus là forcement mais pas le choix, je suis obligé d’avancer !! Pas question de s’arrêter au col avec ce temps. Le col marque pile la moitié de la course au 27ème kilomètre à 2700m d’altitude. J’attaque direct la descente, très pentue, difficile et surtout très glissante en terre et cailloux. Puis ensuite c’est à nouveau une bonne partie de gros pierrier, bien glissante. La pluie ralenti un peu, il y a moins de vent de ce côté du col et l’orage semble être resté bloqué sur l’autre versant oufff. Après le pierrier c’est un chemin glissant, les appuies sont fuyants, il faut être bien vigilant. 3 km plus tard, j’arrive au ravito, la pluie s’est arrêtée, je me suis réchauffé, le moral est de retour et je suis prêt pour la dernière partie de course. Au col du râteau, nous étions déjà à 3000m de dénivelé positif en 27km !! 
C’est alors qu’on nous annonce que la dernière partie du trail est supprimé en raison de l’orage et surtout du terrain glissant sur les 2 derniers cols et qu’il ne reste que 14km de descente jusqu’à l’arrivée. Je suis à la fois déçu de ne pas continuer et content car ça aurait été dur mais plus déçu que content. Je me ravitaille et repars pour la descente. Raph m’attend un peu plus bas et on finira ensemble en marchant presque plus qu’en courant, pas parce que nous sommes fatigués car en descente, je suis bien, pas de douleurs musculaires mais surtout parce qu’il n’y a plus de but et il n’y a plus d’objectif. On passera par le lac de la rosière où est le dernier ravito avec du jambon cru qui fait énormément plaisir aux papilles. 2h20 pour faire 15km en descente, c’est vous dire notre super allure… mais peu importe, on se promène. Le soleil revient quand on arrive près de la station forcément !!! Les 5km de plat à la fin sont interminable. On termine nos 45km et 3150m positif en 7h50 sous le soleil là même où nous sommes partis. Les jambes sont fatiguées mais sans plus. J’ai aussi souffert un peu d’échauffement entre les cuisses et au niveau de la ceinture avec une belle ceinture naturelle tout en brulure qui m’ont bien piqué.
C’est sur maintenant, j’avais déjà décidé ça avant ce trail mais ça s’est confirmé : pour l’instant je vais rester sur des trails de 25-35km, pas plus !!! Hormis les templiers de prévus fin octobre.

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