vendredi 1 juin 2012

Maxi Race Annecy


Quoi de mieux que commencer ce blog par un échec ?? par une victoire peut-être ? oui bon ok ça aurait été mieux mais c’est comme ça…

La Maxi Race d’Annecy promettait d’être sympathique, j’en parlais depuis longtemps, j’avais repéré une bonne partie du parcours fin avril en ayant fait 120km en sept jours autour du lac. Et pour dire vrai, cela ne me semblait pas si dur que cela. Mais suite à un 3000m steeple lors du premier tour des interclubs le 6 mai, je me fais une petit entorse du genou gauche, certainement dû à une hyper extension lors des franchissements de la rivière. Aie aie aie, je le sens mal, ça tombe au pire moment. Donc pendant ces 3 semaines jusqu’à la maxi race, je n’ai pas couru une seule fois, pas de marche nordique non plus, la jambe gauche impossible de la tendre à fond, et marcher en boitant à longueur de journée est fatiguant. J’ai tout de même réussi à faire 1h de streetstepper une semaine avant. Une sortie rassurante car pas du tout mal au genou pendant, mais un peu après. Je pars donc pas très rassuré et peu confiant !

Je suis descendu avec une bonne équipe d’amis et ma famille, papa, maman et ma sœur, nous étions huit au total à partir le vendredi matin direction Annecy. Il fait beau, très chaud sur la route à Annecy. Le soir avec mes deux compagnons Raphael et Alexandre et ma sœur, nous partons faire une petite rando-course de 30 minutes pour faire tourner les jambes. Je décide d’y aller pour tester puisque je n’ai pas couru depuis 3 semaines. Nous montons un chemin en marchant pendant 20 minutes, ça va, puis la descente en courant. Je suis méfiant, je me retiens et sans le faire exprès, je ne tends pas la jambe quand je cours. Conséquence : bonne courbature le soir à la cuisse gauche qui restera jusqu’au départ de la course. Mais le genou à l’air d’aller, c’est le principal.
Samedi, petit tour sur le salon de la course, récupération du dossard, il fait très chaud toujours. Petit photo avec Maud Gobert (championne du monde de trail 2011) et Anna Frost (meilleure traileuse du monde), juste la classe cette photo ! 

Le samedi soir, je ne savais pas quoi faire avec le départ de la course à 3h20.. et  avec le réveil à 1h du matin, oui oui, l’heure où je me couche d’habitude !! je me met dans le lit vers 23h, n’arrive évidemment pas à m’endormir avant 0h30. Quand ça fait 15 minutes que je dors dring dring dring, le réveil qui sonne. Dans les vapes totales au début, je me prépare avec mes 2 alcolites. Et hop on décolle faire nos 30min de route jusqu’au départ. On voit 2 éclairs au loin, pas bon, mais ils resteront loin et au nombre de 2, ouf ! Il fait 15 degrés à 3h du matin, la journée s’annonce chaude. On s’équipe, et allons au départ. On se fait badger et rentrons dans la zone de départ. Il n’y a plus qu’à attendre en musique. 


Le départ est donné à 3h24, dans un blanc moche, pas de musique suite à un problème technique… ça fait très moyen !! Heureusement qu’il y a quelques fumigènes quand même. 3km de plat le long du lac avant d’atteindre la route qui commence à monter que l’on fait à 10km/h tranquillement. Je pars avec Raphael pour la montée. Les premiers mètres de montée sont bien pentus sur la route. Puis on rentre dans la forêt dans des petits chemins. La queuleuleu commence, les uns derrière les autres, on monte tous au même rythme, ça va à un rythme moyen, mais bon ne nous énervons pas, la route est longue. Mon genou tient pas mal, mais je suis gêné en amplitude, ne pouvant pas tendre la jambe, mais cela ne me ralentit pas trop. La montée par la suite est vraiment roulante, en alternant pourcentage moyen, faible et quelques petites descentes. 
Bimmm, au 10ème kilomètre, voila que j’ai un premier appel de crampe au mollet gauche.. je me dis bon c’est rien, mais si si, ça se répète de plus en plus souvent. Là ça craint du boudin, je ne vais pas abandonner au 10ème kilo quand même, la loose ! Bon je ralentis, Raph part devant. Ca dur 5 km où tout les 4-5 appuis, aie appel de crampes, c’était vraiment tendu !! Moralement, quand cela t’arrives et qu’il te reste 75km, tu te poses des questions ! Je trouve enfin une technique pour éviter ces appels, et ça semble passer. LE jour se lève très tôt dès 5h, et à 5h20, on peut déjà éteindre nos lampes frontales. La montée jusqu’au Semnoz à 1660m dure 2h45 et j’arrive en haut à 6h25. Il y a des nuages gris menaçant.. la non plus c’est pas rassurant. Et dire que ya un mois, j’y étais aussi, il y avait 1m50 de neige, et là plus rien, c’est fou !! Pour mon genou, la montée bien, j’allais vite être fixé avec la descente. D’abord c’est le ravito où je m’arrête que 5 minutes chrono pour m’alimenter et boire de l’eau puis je repars. 
Le début de la descente est cool mais ensuite, grosse descente technique et assez pentu, parfois glissante. Le genou ne me fait pas mal, mais par contre, les courbatures que j’avais au quadriceps gauche sont bien là, et j’ai l’impression qu’il va exploser tellement j’avais mal. Mais du bon mal donc pas question de s’arrêter, les mollets vont mieux, pas d’appel de crampes dans la descente. Elle me semble interminable. 1h15 de descente, 1000m de dénivelé et 9km plus loin, enfin du plat et une fontaine d’eau fraiche. Ensuite on alternera entre peu de plat, des montées et des descentes. Au 28ème kilomètre, j’ai un gros coup de chaud dans une montée très pentue. Je respire bien, et cela semble passer.. Ca fait déjà beaucoup et le chemin est encore très long. On vallonne puis on se retrouve sur les pentes du col de la Frasse. Je monte tranquillement, les nuages gris se transforment en pluie légère, mais j’enfile quand même ma veste imperméable histoire de rester au chaud. C’était sur la fin de la montée du col. J’étais pas très frais et pourtant il restait tellement à faire.. Je bascule dans l’autre versant, il y fait plus beau, je m’alimente avant d’attaquer le descente, il s’arrête de pleuvoir, j’enlève mon kway, et j’attaque la descente, une descente assez roulante sans gros pourcentage. Je peux donc tout faire en courant bien, je me sens super bien, je déroule, je double énormément de personne qui semblent assez fatigué. 1h05 de descente, une bonne cinquantaine de personnes de doublé et le descente se termine. En bas, mes parents sont là pour m’encourager. Je m’arrête 3 minutes, ils m’annoncent qu’Alexandre à abandonné et que Raph à 1h10 d’avance. 
La partie route et plat commence, jusqu’au ravito de Doussard (qui était le départ de la marathon race, notre 2ème partie de course). Je sentais que je n’étais pas très bien et déjà bien entamé, très courbaturé de la jambe gauche, le plus frustrant est que je n’avais rien à la jambe droite. J’alterne marche et course jusqu’au ravito au 50ème kilo où j’arrive à 11h58, je m’arrête manger un petit mélange de banane, tuc, fromage, raison sec, je rempli mon camelback et ma bouteille d’eau, range mon kway et repars à 12h08 soit 22 minutes avant la barrière horaire. C’est chauuuuuud, je n’ai pas beaucoup de marge. Je repars en marchant et en mangeant des tucs et bananes. Il est l’heure d’attaquer le col de la Forclaz, que je connaissais bien pour l’avoir montée et descendue 2 fois fin avril. Le début est bien pentu sur 800m, je monte pas trop mal, je double quelques coureurs puis vite je vois que mes forces tombent, assez rapidement en plus.. je ralentis, on me redouble, j’ai encore moins de force puis devient vite un escargot. C’est là que je mets mon mp3 et un peu de music pour me rebooster. Ca ne marche pas, et je n’avance plus, et encore de moins en moins. On me double, moralement c’est dur mais je veux essayer de continuer. Je me rends vite à l’évidence, ça va être impossible d’aller au bout, d’une avec la barrière horaire pas loin, et puis parce qu’il restait 30km, les plus durs et donc 7 à 8h de course… Il fait chaud, heureusement que nous sommes souvent en forêt pour masquer le soleil. 
Au 56ème kilo, sur la première aperçue du lac, (oui oui on ne le voit pas avant le 55ème kilo, grosse déception au niveau paysage sur toute la première partie) je m’arrête et m’assois sur les rochers (seul endroit où l’on peut se poser dans la montée). Je prends mon téléphone, ma décision est prise, je m’arrête au col de la Forclaz, je n’ai plus de force, je ne veux pas risquer une blessure en continuant, sachant que j’aurais été limite à la barrière horaire en plus.. Après 15 minutes de pause qui me soulage psychologiquement, je dois repartir. Je suis toujours aussi lent et sans force, je monte à un rythme d’un escargot boiteux et malade. Je m’arrête souvent pour laisser passer les coureurs. La fin de la montée est horrible. J’arrive enfin en haut, totalement épuisé. 

57km, 10h30 de course, 3000m de dénivelé positif,  je n’en peux plus, et après avoir bu et m’être aspergé d’eau, je vais rendre mon dossard aux organisateurs ! THE END !

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